Impôts sur les cryptomonnaies au Canada 2026 : Guide complet de l’ARC pour les déclarations de revenus de 2025

Impôts sur les cryptomonnaies au Canada 2026 : Guide complet de l’ARC pour les déclarations de revenus de 2025

Si vous avez suivi l'actualité fiscale canadienne sur les cryptomonnaies en 2024, vous avez probablement vu des articles annonçant une hausse du taux d'inclusion des gains en capital à 66,67 %. Deux ans plus tard, rien de tout cela n'est en vigueur. La hausse prévue sous l'administration Trudeau a d'abord été reportée en janvier 2025, puis officiellement annulée par le premier ministre Mark Carney le 21 mars 2025, et le projet de loi ne sera pas réintroduit. Pour l'année d'imposition 2025 (dont la déclaration est due le 30 avril 2026), le taux d'inclusion demeure à 50 %, et les conséquences fiscales pour l'investisseur canadien moyen en cryptomonnaies n'ont absolument pas changé. Si c'est la seule chose que vous vouliez vérifier en venant ici, la réponse est non, rien n'a changé.

Le reste de la situation a considérablement évolué. L'Agence du revenu du Canada (ARC) dispose désormais d'une équipe dédiée de 35 personnes à l'audit des cryptomonnaies, qui a recouvré plus de 100 millions de dollars en trois ans. Elle vient d'obtenir une deuxième ordonnance contre des personnes non identifiées (cette fois-ci contre Dapper Labs, pour 2 500 utilisateurs). De plus, le Cadre de déclaration des actifs cryptographiques (CDAC) entrera en vigueur le 1er janvier 2026, ce qui signifie que les plateformes d'échange commenceront à déclarer directement vos activités à l'ARC à partir de 2027. Ce guide explique en détail la déclaration de revenus des cryptomonnaies de 2025, détaille le traitement fiscal des gains en capital sur le Bitcoin, le staking, les NFT, la finance décentralisée (DeFi) et les échanges étrangers par l'ARC, et signale les erreurs qui, discrètement, font l'objet d'audits fiscaux pour les investisseurs canadiens en cryptomonnaies en 2026.

Les cryptomonnaies sont-elles imposables au Canada et comment l'ARC les traite-t-elle ?

Oui. L’Agence du revenu du Canada classe les cryptomonnaies comme des marchandises (et non comme des devises) depuis 2013, et cette position demeure inchangée en 2026. Toute disposition est imposable, une catégorie plus large que ce que la plupart des nouveaux contribuables imaginent. Vendre des bitcoins contre des dollars canadiens constitue une disposition. Échanger des ETH contre des SOL constitue une disposition. Payer un café avec des USDC constitue une disposition. Offrir des cryptomonnaies à un ami qui n’est pas un organisme de bienfaisance enregistré constitue une disposition. La détention de cryptomonnaies n’est pas une disposition, pas plus que le transfert de cryptomonnaies entre portefeuilles que vous contrôlez.

Ce qui rend la fiscalité des cryptomonnaies au Canada complexe, c'est que l'Agence du revenu du Canada (ARC) considère certaines activités comme des gains en capital et d'autres comme des revenus d'entreprise. Pour un investisseur particulier, la plupart des cessions génèrent des gains en capital, et seulement 50 % de ce gain est imposable. En revanche, pour une personne qui effectue des transactions actives, exploite une entreprise de minage ou exerce des activités liées aux cryptomonnaies de manière professionnelle, la même cession peut être considérée comme un revenu d'entreprise, et 100 % du profit est alors imposable. La distinction entre les deux n'est pas une simple case à cocher. L'ARC évalue la fréquence des transactions, la durée de détention, la connaissance des marchés des cryptomonnaies, le temps consacré, le recours à l'emprunt pour financer les positions, la promotion de l'activité et l'intention générale de réaliser un profit. Les mineurs et les day traders à haute fréquence sont presque toujours considérés comme des revenus d'entreprise.

Pour la plupart des contribuables canadiens qui produisent une déclaration de revenus pour l'année d'imposition 2025, le traitement par défaut est celui des gains en capital. Le reste de ce guide présume que vous êtes concerné par ce traitement, sauf indication contraire, et mentionne spécifiquement les cas relatifs aux revenus d'entreprise.

Impôt sur les cryptomonnaies au Canada

Fiscalité des cryptomonnaies au Canada : gains en capital vs impôt sur le revenu au Canada

Les gros titres de 2024 ont semé la confusion dans cette section. Voici la version réelle pour 2025 : seulement 50 % de vos gains en capital sur les cryptomonnaies seront imposables. Le taux de 66,67 % qui devait s’appliquer aux gains supérieurs à 250 000 $ n’a finalement pas été adopté. L’Agence du revenu du Canada (ARC) a confirmé le 21 mars 2025 qu’elle n’appliquerait pas cette hausse, et le ministère fédéral des Finances a annoncé le même jour que le projet de loi ne serait pas réintroduit. Si vous vendez des bitcoins et réalisez un profit de 40 000 $ en 2025, vous devrez déclarer 20 000 $ de gains en capital imposables. Voilà toute l’histoire.

Cette moitié s'ajoute à tous vos autres revenus et est imposée au taux marginal fédéral et provincial combiné. Les tranches d'imposition fédérales pour 2025 sont indiquées ci-dessous. À noter : le taux fédéral le plus bas a été abaissé en milieu d'année, passant de 15 % à 14 %. L'ARC applique donc un taux de 14,5 % aux déclarations de revenus de 2025. Le taux fixe de 14 % s'appliquera à partir des revenus de 2026.

Revenu imposable (2025) taux fédéral
Jusqu'à 57 375 $ 14,5 % (mélangé)
De 57 375 $ à 114 750 $ 20,5%
114 750 $ à 177 882 $ 26%
De 177 882 $ à 253 414 $ 29%
Plus de 253 414 $ 33%

Source : Agence du revenu du Canada, tranches d’imposition fédérales de 2025. Le montant personnel de base pour 2025 est de 16 129 $.

Les impôts provinciaux s'ajoutent une fois les calculs fédéraux effectués. En Ontario, le taux d'imposition débute à 5,05 % sur les premiers 52 886 $ et atteint 13,16 % au-delà de 220 000 $, avec deux surtaxes supplémentaires. La Colombie-Britannique utilise sept tranches d'imposition, jusqu'à 20,5 %. L'Alberta simplifie les choses avec cinq tranches, jusqu'à 15 %. Un Canadien moyen typique se retrouve avec un taux d'imposition marginal combiné se situant entre 30 % et 43 % environ. N'oubliez pas que seule la moitié de vos gains en capital sur les cryptomonnaies est soumise à ce taux. Si vous réalisez un profit de 40 000 $ sur la vente de bitcoins avec un taux marginal de 40 %, votre facture d'impôt supplémentaire s'élève à environ 4 000 $. Ce n'est pas négligeable, mais c'est bien loin des 66,67 % annoncés dans certains journaux en 2024.

Les revenus d'entreprise, c'est une toute autre histoire. Si l'ARC considère vos transactions comme une activité commerciale, 100 % des profits sont imposables et le taux marginal maximal s'applique. Même avec 40 000 $ de profits et la même tranche d'imposition de 40 %, vous devez maintenant payer environ 16 000 $. C'est la plus grande différence fiscale prévue par la législation canadienne sur les cryptomonnaies, et c'est pourquoi il est important de bien se renseigner avant de produire sa déclaration afin de déterminer si votre activité relève du capital ou d'une entreprise.

Quand les cryptomonnaies sont-elles imposées au Canada ? Chaque transaction en cryptomonnaie

Ce qui constitue un événement imposable surprend presque tous les contribuables qui déclarent leurs revenus pour la première fois. Le test simple que je propose est le suivant : avez-vous cédé le contrôle de vos pièces ou transféré leur valeur à quelqu’un d’autre ? Si oui, l’ARC le déclarera. En revanche, conserver vos pièces ne pose aucun problème. Les transférer entre vos portefeuilles personnels est également autorisé. Pratiquement tout le reste doit être déclaré d’une manière ou d’une autre.

Voici les événements imposables qui posent généralement problème aux Canadiens pour l'année d'imposition 2025 :

  • Vendre des cryptomonnaies contre des dollars canadiens, des dollars américains ou toute autre monnaie fiduciaire
  • L'échange d'une cryptomonnaie contre une autre, y compris le BTC contre l'ETH, l'ETH contre le SOL, et même les échanges entre stablecoins que vous pensiez probablement neutres, sont des opérations que vous considériez comme neutres.
  • Payer tout en cryptomonnaie, même un café à 6 $ dans le seul café de Vancouver qui l'accepte encore.
  • Offrir des pièces de monnaie à un ami ou à un parent qui n'est pas un organisme de bienfaisance enregistré auprès de l'ARC
  • L'obtention de récompenses de staking, de minage ou d'airdrop (celles-ci sont considérées comme un revenu, et non comme un gain en capital)
  • Être payé en cryptomonnaie pour un travail indépendant (revenus à la valeur en dollars canadiens du jour de leur acquisition)
  • Récupérer de nouvelles pièces suite à un hard fork (revenus au moment de leur réception)
  • Vendre un NFT à un prix supérieur à celui que vous avez payé (même calcul de plus-value que pour le Bitcoin)
  • Rendement DeFi, récompenses LP ou intérêts sur les prêts crypto (revenus dès leur réception)

La liste des opérations non imposables est beaucoup plus courte. Acheter des cryptomonnaies avec des dollars canadiens est autorisé. Les conserver est autorisé. Transférer des cryptomonnaies entre deux portefeuilles que vous contrôlez personnellement est autorisé. En faire don directement à un organisme de bienfaisance enregistré auprès de l'ARC est autorisé. Toute autre opération en dehors de ces quatre cas constitue presque certainement une transaction de cryptomonnaie spécifique que vous devez suivre et éventuellement déclarer.

Comment calculer vos gains en capital crypto avec ACB

Au Canada, les méthodes FIFO et LIFO ne sont pas autorisées pour les cryptomonnaies. Tous les contribuables canadiens doivent utiliser la méthode du prix de base rajusté (PBR). Selon cette méthode, toutes les cryptomonnaies identiques que vous possédez sont regroupées dans une seule catégorie fiscale, et le prix de base de cette catégorie correspond à une moyenne pondérée de toutes les dépenses engagées pour acquérir ces unités, y compris les frais de change et les frais de transaction. Chaque nouvel achat de la même cryptomonnaie modifie cette moyenne. Lors de chaque vente ou échange, le PBR par unité est utilisé comme prix de base.

Un exemple concret permet de mieux comprendre. Imaginons que vous achetiez 1 BTC pour 50 000 $, puis, trois mois plus tard, 1 BTC supplémentaire pour 70 000 $. Votre prix de base rajusté (PBR) par BTC est alors de (50 000 $ + 70 000 $) divisé par 2, soit 60 000 $. Un mois après, vous vendez 1 BTC pour 85 000 $. Votre gain en capital est de 85 000 $ moins 60 000 $, soit 25 000 $. La moitié de ce gain, soit 12 500 $, sera imposable. Votre BTC restant conserve un PBR de 60 000 $ pour l’année d’imposition suivante.

Quelques points importants concernant le prix de base rajusté (PBR). Tout échange crypto-crypto est considéré comme une cession de la cryptomonnaie cédée et l'acquisition de celle reçue, les deux étant valorisées en dollars canadiens à leur juste valeur marchande au moment de la transaction. Les frais de gaz et les frais de change payés en cryptomonnaie sont également considérés comme des cessions et doivent être comptabilisés. La mise en commun des cryptomonnaies s'effectue par cryptomonnaie sur tous les portefeuilles et plateformes d'échange utilisés. Ainsi, votre BTC sur Kraken et vos 2 BTC sur Coinbase sont regroupés dans un seul pool. Les cryptomonnaies reçues en récompense (staking, minage, airdrops) sont associées à un PBR égal à leur valeur en dollars canadiens lors de leur arrivée dans votre portefeuille, et ce même montant correspond à vos revenus déclarés pour l'année.

C'est là que les logiciels de déclaration fiscale crypto prennent tout leur sens. Koinly, CoinLedger, CoinTracking et autres outils similaires extraient chaque transaction, recalculent votre prix de base racheté (PBR) et génèrent un formulaire 3 prêt à être déclaré. Faire cela manuellement pour une année d'activité DeFi est une tâche que je ne souhaiterais même pas à mon pire ennemi.

Impôt sur les cryptomonnaies au Canada

Fiscalité canadienne des cryptomonnaies : staking, minage, NFT et DeFi

Les différentes activités sont soumises à des régimes fiscaux différents, ce qui crée des zones d'ombre. L'ARC n'a pas publié de directives contraignantes sur plusieurs de ces questions, et la communauté a élaboré des pratiques exemplaires informelles fondées sur la façon dont les vérificateurs de l'ARC traitent les déclarations. Voici le consensus actuel pour 2026.

Activité Traitement fiscal (année d'imposition 2025) Notes
Vente de cryptomonnaies contre des CAD Gain en capital (imposable à 50 %) Par défaut pour le commerce de détail
Échange crypto-crypto Gain en capital (imposable à 50 %) Valeur marchande équitable en CAD
Payer des biens avec des cryptomonnaies Gain en capital (imposable à 50 %) Cession à la valeur marchande
Récompenses de staking (reçu) Impôt sur le revenu calculé sur la juste valeur marchande Puis, gain ou perte en capital lors de la vente future
Exploitation minière (amateur) Gain en capital lors de la cession éventuelle Base de coût = zéro
Exploitation minière (commerciale) Revenus d'entreprise (100% imposables) Valeur à la réception
Airdrop Pratique informelle de l'ARC : base de coût zéro, gain en capital à la disposition Zone grise
Fourche dure Identique à un largage aérien Zone grise
Vente de NFT Gain en capital (imposable à 50 %) Mêmes règles que pour les cryptomonnaies
Rendement DeFi/récompenses LP Impôt sur le revenu à la juste valeur marchande Puis gain ou perte en capital lors de la cession
Les cryptomonnaies comme salaire Revenus d'emploi taux marginal complet
Don à un organisme de bienfaisance enregistré Non imposable Doit être inscrit auprès de l'ARC

Sources : Guide des cryptomonnaies de l'ARC, CoinLedger, Bitwave, pratiques informelles de l'ARC en 2026.

Le staking et la DeFi sont des domaines où les erreurs sont fréquentes. Les Canadiens pensent souvent, à tort, que les récompenses de staking ne sont imposées qu'à la vente. L'Agence du revenu du Canada (ARC) considère le reçu lui-même comme un revenu imposable l'année de sa réception, à la juste valeur marchande en dollars canadiens des jetons à ce moment-là. Une vente ultérieure génère alors un gain ou une perte en capital distinct, calculé(e) selon la différence entre le prix de vente et cette juste valeur marchande initiale. Il s'agit donc de deux événements imposables, et non d'un seul. Le rendement de la DeFi fonctionne de la même manière : revenu à la réception, gain ou perte en capital à la cession. C'est pourquoi un logiciel de gestion fiscale est un investissement judicieux dès lors que vous envisagez des opérations autres que l'achat et la conservation.

Déclarer les cryptomonnaies dans votre déclaration de revenus canadienne

Où ces chiffres apparaissent-ils concrètement sur votre déclaration de revenus ? Sur la déclaration de revenus des particuliers T1, les gains en capital provenant des cryptomonnaies sont inscrits à l’annexe 3. Chaque disposition doit être inscrite sur une ligne distincte, avec la date, le montant reçu, votre prix de base rajusté (PBR) et la mention « gain » ou « perte ». Si l’Agence du revenu du Canada (ARC) considère que votre activité s’apparente davantage à une entreprise qu’à un loisir, vous devrez alors remplir le formulaire T2125 et la totalité du profit sera imposée à votre taux marginal maximal. La date limite pour produire la déclaration de revenus de 2025 est le 30 avril 2026. Vous devez payer l’impôt dû avant cette date, même si vous produisez votre déclaration quelques semaines plus tard. Les travailleurs autonomes canadiens ont jusqu’au 15 juin pour produire leur déclaration, mais le paiement de l’impôt dû est exigible à la fin avril. Pour que votre rapport d’impôt généré par votre logiciel soit fiable, il doit correspondre exactement à l’annexe 3.

Un autre piège réside dans la question des taux de change, qui peut entraîner des pénalités importantes pour les déclarations tardives. Si le prix de base des cryptomonnaies détenues sur des plateformes d'échange étrangères comme Binance, Kraken (hors Canada), KuCoin ou Bitstamp a dépassé 100 000 $ CA à un moment quelconque en 2025, il y a de fortes chances que vous deviez produire un formulaire T1135 auprès de l'ARC, en plus de votre déclaration habituelle. Les cryptomonnaies détenues sur des plateformes d'échange canadiennes (Bitbuy, Coinsquare, NDAX) sont généralement exemptées. Les cryptomonnaies conservées dans un portefeuille dont vous êtes le détenteur vous-même le sont également généralement. Les pénalités pour défaut de production du formulaire T1135 sont lourdes : 25 $ par jour, jusqu'à concurrence de 2 500 $, et une négligence grave peut porter ce montant à 500 $ par mois, avec un plafond de 12 000 $. C'est pourquoi de nombreux investisseurs canadiens en cryptomonnaies font appel à un fiscaliste avant leur première année d'investissement sérieuse.

La tenue de registres, bien que peu attrayante, est essentielle pour la réussite de votre déclaration. L'ARC exige un historique détaillé de vos transactions sur au moins six ans : dates, valeurs en dollars canadiens au moment de chaque transaction, identifiants du portefeuille et de la plateforme d'échange, frais et prix de base. En cas de vérification, vous devrez pouvoir justifier chaque chiffre figurant sur votre déclaration, que ce soit par un document papier ou un écran.

L’ARC peut-elle suivre les cryptomonnaies ? Application de la loi en 2025-2026

La réponse honnête en 2026 est : bien meilleure que vous ne le pensez, et elle s’améliore chaque trimestre. L’équipe d’audit des cryptomonnaies de l’ARC compte désormais 35 personnes, gère plus de 230 dossiers actifs et a recouvré plus de 100 millions de dollars en impôts impayés sur les cryptomonnaies en trois ans. L’évaluation des risques de l’ARC elle-même indique qu’environ 40 % des utilisateurs canadiens de plateformes de cryptomonnaies n’ont pas déclaré leurs revenus ou présentent un risque élevé de non-conformité. Parmi ces 40 %, 15 % n’ont jamais déclaré leurs revenus et 30 % les ont déclarés, mais ont sous-déclaré.

Sur le plan juridique, l’infrastructure de contrôle est désormais en place. En 2021, l’ARC a obtenu une ordonnance de la Cour fédérale pour contraindre la plateforme d’échange Coinsquare à lui remettre des milliers de données d’utilisateurs. En septembre 2025, le même outil d’obligation de divulgation de personnes non identifiées a été utilisé contre Dapper Labs (la plateforme NFT à l’origine de NBA Top Shot), l’obligeant à divulguer les données de 2 500 comptes d’utilisateurs. Il s’agit de la deuxième ordonnance de ce type dans l’histoire du Canada et certainement pas de la dernière. Cinq enquêtes criminelles comportant un volet relatif aux actifs numériques sont actuellement en cours à l’ARC.

Le changement majeur réside dans le Cadre de déclaration des actifs cryptographiques (CDAC), qui entrera en vigueur au Canada le 1er janvier 2026. Un projet de loi a été déposé le 15 août 2025. Dès 2027, les fournisseurs canadiens de services de cryptomonnaies devront déclarer à l’Agence du revenu du Canada (ARC) des données détaillées sur les transactions de leurs utilisateurs, et ces données seront automatiquement partagées avec les autres pays participants. Concrètement, il est grand temps que l’ARC ne s’en aperçoive pas. Les Canadiens ayant des impôts non déclarés sur leurs cryptomonnaies des années précédentes devraient se renseigner sur le Programme de divulgation volontaire, restructuré le 1er octobre 2025 et qui offre désormais jusqu’à 100 % d’allègement des pénalités et 75 % d’allègement des intérêts pour les divulgations spontanées. C’est la façon la plus simple de régulariser sa situation avant l’entrée en vigueur du CDAC.

Comment réduire votre facture fiscale sur les cryptomonnaies au Canada

Pour réduire votre facture fiscale canadienne liée aux cryptomonnaies, la plupart des astuces reposent sur la discipline plutôt que sur des subterfuges. Quelques stratégies légitimes fonctionnent et il est utile de les connaître avant la date limite du 30 avril.

L'optimisation fiscale à perte est cruciale. Si vous détenez des cryptomonnaies dont la valeur comptable nette (PCN) est inférieure à votre PCN théorique, les vendre avant le 31 décembre permet de constater une perte en capital réelle qui peut réduire les gains provenant d'autres cryptomonnaies, actions ou fonds communs de placement achetés la même année. Les pertes non utilisées sont reportées en arrière sur trois ans ou indéfiniment. Il est important de respecter la règle de la perte superficielle. Vendez une cryptomonnaie à perte, puis rachetez-la dans les 30 jours précédant ou suivant la vente (ou demandez à votre conjoint ou à une société sous votre contrôle de le faire), et si vous la possédez toujours 30 jours plus tard, l'ARC refusera la perte et l'intégrera à votre nouveau PCN. Les transactions portant sur la même cryptomonnaie sur différentes plateformes d'échange sont considérées comme des biens identiques. Le délai est de 61 jours, plus court qu'aux États-Unis, et il arrive fréquemment que des Canadiens produisent également une déclaration de revenus aux États-Unis.

Les comptes enregistrés sont plus complexes. Il est impossible de déposer directement des cryptomonnaies dans un CELI ou un REER. En revanche, vous pouvez y détenir des FNB de Bitcoin ou d'Ether au comptant au Canada (comme BTCC, ETHX et quelques autres). Les gains s'accumulent à l'abri de l'impôt dans un CELI et sont transférés à l'abri de l'impôt dans un REER jusqu'au retrait. Pour la plupart des particuliers canadiens, c'est la seule façon simple d'investir dans les cryptomonnaies à l'abri de l'impôt ou à l'abri de l'impôt jusqu'au retrait. Cela ne transformera pas vos comptes Ledger en CELI, mais c'est tout à fait possible.

Deux petites astuces méritent d'être mentionnées. Faire un don de cryptomonnaies directement à un organisme de bienfaisance canadien enregistré vous donne droit à un reçu de don à la juste valeur marchande et n'est pas considéré comme une disposition imposable ; vous évitez ainsi l'impôt sur les gains et obtenez un crédit d'impôt. Tenir une comptabilité rigoureuse n'est pas à proprement parler une stratégie, mais en pratique, cela permet de réaliser d'importantes économies au moment de la déclaration de revenus, car l'alternative consiste à s'y prendre à la hâte en avril et à estimer des chiffres qui sont généralement supérieurs à la réalité.

Des questions?

Très probablement oui. Si le prix de base de vos cryptomonnaies détenues sur des plateformes d`échange étrangères (Binance, KuCoin, Bitstamp, Kraken (entité non canadienne)) a dépassé 100 000 $ CA à un moment quelconque de l`année, l`ARC exige que vous remplissiez le formulaire T1135 avec votre déclaration de revenus habituelle. Les cryptomonnaies détenues sur des plateformes canadiennes comme Bitbuy, Coinsquare ou NDAX, ainsi que celles conservées dans un portefeuille dont vous êtes vous-même propriétaire et dont vous détenez les clés, sont généralement exemptées du formulaire T1135.

Vous en savez plus que vous ne le souhaitez. Les plateformes d`échange canadiennes déclarent déjà les transactions supérieures à 10 000 $ et se conforment aux ordonnances de la Cour fédérale (Coinsquare en 2021, Dapper Labs en septembre 2025). À compter du 1er janvier 2026, la CARF obligera légalement tous les fournisseurs de services de cryptomonnaies canadiens à suivre et à déclarer l`activité de leurs clients, les premières données étant transmises à l`ARC en 2027. L`équipe d`audit des cryptomonnaies de l`ARC a déjà récupéré plus de 100 millions de dollars en trois ans.

Quelques rares pays n`imposent pas les gains en cryptomonnaies de leurs résidents, notamment les Émirats arabes unis, les îles Caïmans, Monaco, les Bermudes, le Portugal (pour les investissements à long terme) et le Salvador. Cependant, ces avantages fiscaux ne concernent pas les résidents fiscaux canadiens. Le Canada impose ses résidents sur leurs revenus mondiaux, quelle que soit la plateforme d`échange utilisée. Seul un départ officiel du Canada entraîne la perte de la résidence fiscale canadienne, et ce départ est réputé avoir entraîné la cession de la plupart de vos actifs.

Oui, chaque disposition doit être déclarée. Les gains et les pertes sont inscrits à l’annexe 3 du formulaire T1, les activités commerciales au formulaire T2125 et les avoirs en devises étrangères d’une valeur de base supérieure à 100 000 $ CA au formulaire T1135. Le défaut de déclaration est la principale raison pour laquelle les détenteurs de cryptomonnaies canadiens font l’objet d’une vérification, et les ordonnances judiciaires concernant Coinsquare (2021) et Dapper Labs (septembre 2025) démontrent précisément l’étendue des données que l’ARC possède déjà.

« Éviter » n`est pas le terme approprié. « Réduire » l`est. Voici les mesures légales à prendre : placer vos ETF Bitcoin ou Ether canadiens au comptant dans un CELI afin que les gains se capitalisent à l`abri de l`impôt, réaliser vos pertes avant le 31 décembre (sans enfreindre la règle des pertes superficielles de 61 jours), donner vos cryptomonnaies ayant pris de la valeur à des organismes de bienfaisance enregistrés et étaler les ventes importantes sur deux années d`imposition lorsque c`est possible.

Pour les déclarations de revenus de 2025, seule la moitié de vos gains en capital en cryptomonnaies sera imposable. Cette moitié s`ajoutera à tous vos autres revenus et sera imposée au taux marginal combiné fédéral et provincial. Un Canadien à revenu moyen paie généralement entre 15 % et 22 % d`impôt effectif sur le gain. Si l`ARC considère votre activité comme une entreprise, 100 % du profit sera imposé au taux marginal maximal. La hausse de 66,67 % qui inquiétait tant de monde en 2024 a été annulée et n`aura pas lieu.

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